Aletheia

Ce que nous sommes

L’organisation révolutionnaire est la critique unitaire de la société, celle qui ne pactise avec aucune forme de pouvoir séparé et qui se reconnaît elle-même comme séparation radicale d’avec le monde de la séparation. Elle doit lutter en permanence contre sa propre déformation dans le spectacle.
Guy Debord — La Société du spectacle

Le groupe communiste ne peut donc être que la critique totale de la réification généralisée.

La critique radicale ne tombe ni du ciel des idées ni d'interprétations subjectives mais est formulation immanente de la logique du capital lui-même, qui en nous réduisant à n'être plus que des simples médiateurs sans désir et sans passion de sa valorisation, indique, par un renversement dialectique, le mouvement réel de l'histoire à travers lequel l'humain, et par lui la vie tout entière, est arraisonné à une logique abstraite de désubstantialisation de son être générique au profit du développement de la valeur d´échange. Il devient alors, par le devenir déterministe du Capital, le véritable sujet historique puisque c'est de son devenir que toute l'histoire du monde depuis le néolithique se formalise. Cette critique ne doit donc son existence qu’au fait que le rapport social aliéné capitaliste, dans son mouvement exploitant, a rendu nécessaire l’émergence d’une critique toujours plus existentiellement importante.


C’est donc de ce point de vue que le groupe Aletheia n'est pas l'œuvre d'individus abstraits de la réalité sociale mais celui du mouvement historique impersonnel de la vie en l'homme qui lutte pour le retour intégral de l'homme en la vie. C’est bien de ce mouvement bien réel qu’émerge des individus prenant conscience d'eux-mêmes puis qui se retrouvent au même endroit au même moment, pour accomplir ensemble la trajectoire commune qu’ils partagent qui s'inscrit dans ce devenir communiste dont ils désirent être des acteurs conscients. Cette prise de conscience est elle-même un moment du mouvement du groupe, mais surtout un point de synthèse dialectique à partir duquel nous pouvons commencer à agir consciemment sur ce qui se produit réellement sans avoir été planifié à l’avance. C’est le mouvement réel du groupe qui se révèle à travers son auto-déploiement.

Nous n’avons qu’une trajectoire, celle du devenir historique anti-argent et anti-État du retour à soi de la Gemeinwesen. Le groupe communiste le comprend, en a la certitude et s’incarne dans ce devenir.


Le groupe Marx Engels nous apprend, dans le renversement de la dialectique de Hegel et la compréhension du déterminisme de la valeur d’échange, que le capital est en ce sens le concept de toute la réalité du temps présent car il est bien le sujet qui unifie toutes les manifestations de la matérialité concrète du rapport social et de son développement historique, et montre en cela que cet acte de conception n'est donc pas l'œuvre idéaliste d'un esprit mystique qui se manifeste dans les choses comme étant les véhicules de son déploiement, mais quelque chose de bien matériellement réel. Il faut comprendre aussi que le capital conceptualise son auto-abolition dans lequel émerge le mouvement de la critique radicale communiste. En cela, il contient à l'origine et au-delà de lui même, le sujet de l'homme en tant qu'il est la nature qui s'achève à travers l’histoire de l'anti-naturalisme qui est aussi celle de la contradiction de l'être et de l'avoir contenu dans le mouvement de l'être générique qui doit d'abord s'aliéner dans l'anti naturalisme pour retrouver dans une dimension devenue désormais universelle, son unité primordiale. Nous comprenons dès lors que c’est dans la contradiction interne à l’homme que se fonde son histoire et surtout son élévation dans un naturalisme achevé puisque l’homme devient complet lorsqu’il accompli en conscience son unité avec la nature car dans le mouvement de ce rapport, la nature est l'homme et l'homme est la nature.

En conséquence, tout phénomène financier, sanitaire, géopolitique, migratoire, environnemental, psychologique, identitaire est à analyser à partir de la totalité du Capital qui lui donne un sens. Car il n’y avait pas de question écologique au paléolithique puisqu´il n´y avait pas d´opposition entre l´homme et la nature et donc pas de séparation abstraite d'appropriation maladive , car les guerres du Ve siècle sous Clovis n'étaient pas des entreprises de destruction massive du bétail humain dans une logique d'ajustement du capital correspondant aux nécessités du marché mondial totalitaire, car il n’y avait pas de souffrance psychique liée au travail chez les Sioux au XIVe siècle en Amérique du Nord puisque l'activité de reproduction de la communauté avait pour finalité l'épanouissement d'elle-même dans son humble reproduction. Ainsi nous devons relier le moindre phénomène à cette totalité qui elle seule permet de contextualiser et donc de donner une trajectoire logique de compréhension radicale.


Le groupe est l’organe vivant par lequel une fraction du prolétariat porte à la conscience claire, théorie critique de la prévision et méthode de creusement, le mouvement réel qui abolit le capital et l’état des choses existantes.

Il est œuvre d’une pensée anti politique et d'une organisation de combat anti-capitaliste. Il est mû par une passion impersonnelle de son être générique et non par le narcissisme pathologique du spectacle marchand contemporain.

Aletheia est une organicité centralisée par son but immanent de la lutte de classe. Il s´inscrit dans un processus millénaire d´invariance révolutionnaire qui à partir des premières communautés chrétiennes de récusation totale du monde de la chosification de l'Être, ont fait surgir la vérité voilée par les représentations mystificatrices de l`Avoir et du sens logique de l´Histoire quand l´humanité toute entière se saisit enfin d'elle-même, jusqu’aux luttes de classes prolétariennes qui ont accouché par l'entremise du groupe Marx Engels du manifeste du parti communiste et de la compréhension définitive que toutes les errances réformistes, philosophiques et théologiques sont les idéologies immanentes des rapports de production de la lutte des classes qui traversent sans discontinuité toute la temporalité humaine arraisonnée à la valeur d´échange, et ont ainsi pu ouvrir à jamais le chemin d'une vraie critique de toutes les fausses représentations dans lesquelles nous enferment le fétichisme du spectacle de la marchandise.

Le groupe n’est pas une addition d’errances solitaires, mais une unité organique de jalons de conscience sans chef, sans hiérarchie et anti-démocratique car la démocratie c'est la formalisation organisationnelle du voilement de la domination totale du capital dans nos existences. Il est le mouvement réel qui se reproduit en lui dans la totalité du devenir de l’homme. Le but du groupe ne lui est donc pas extérieur, il ne vise pas une fin qui lui serait donnée dès à présent. Il exprime plutôt une fin qui est déjà à l'œuvre puisque le devenir communiste est déjà en creusement dialectique dans le présent et ne cherche qu’à se retrouver demain…

Cette centralité est donc celle de l’invariance communiste, le groupe ne détient pas la vérité, puisque la vérité est encore en construction dialectique, mais il en entrevoit le travail du négatif à l'œuvre dans le présent. Le groupe est alors une compréhension plus claire mais ne donne aucune primauté sur la classe prolétarienne, seulement une aptitude à appréhender avec humilité le déterminisme historique qui travaille.

Le groupe Aletheia est dans une insubordination qui ne transige avec aucune forme de la domestication quotidienne du salariat et du champ social présent en aucun espace temps. Cela inclut sa vigilance sur lui-même, il sait qu’il ne peut récuser le spectacle par des formes qui reproduisent le divertissement du spectacle réformiste, ni tourisme militant, ni salon de discussion, ni vote démocratique. Il lutte pour trouver sa forme car le monde de la réification le vampirise tout autant qu’il vampirise l’espace social dans sa globalité.

Ce que le groupe n’est pas:

Il n’est pas un énième groupe para, ortho, meta communiste ou anarchiste, L’Etat n’est pas un organe maléfique autonome, il n’y a pas de volonté de domination qui serait à combattre en soi car elle n’est qu’une forme prise par la valeur à un moment donné d’un seuil historique particulier. Comme Marx le disait à Bakounine, l'abolition de l’État ne se décrète pas, elle est le résultat de l’auto-abolition du mode de production qui l’exige.

Il n’est pas un groupe politique, la politique est la sphère séparée ou se gère la merde marchande, ce monde politique souhaite aménager, réagencer, réformer la marchandise plutôt que de nommer la marchandise comme rapport aliéné aux choses, aux hommes et au monde. Nous ne demandons donc pas un meilleur partage des salaires, une meilleure gestion de l’État, une sortie de l’UE. Nous constatons que le salaire, l’État et la représentation sont les formes même du rapport à abolir. Il n’y a rien à conquérir ou à combattre séparément dans ces sphères, il n’y a qu’une sphère à faire disparaître.

Il n’est pas une avant-garde, personne n’apporte une conscience de l’extérieur à quelque chose qui manquerait car l’émancipation du prolétariat sera l’œuvre du prolétariat lui-même dans le développement nécessaire de sa conscience qui, à un moment donné, atteindra un seuil dialectique où un saut qualitatif sera alors possible. Notre compréhension des conditions ne donne aucune primauté sur la classe prolétarienne, elle nous oblige seulement avec humilité à partager ce déterminisme historique qui travaille.

Il n’est pas un groupe de développement personnel, la souffrance quotidienne est réelle, massive, mais les différents groupes ainsi que la psychologie et la psychanalyse du capital voient en cette souffrance un contenu individuel à ré-ordonner, sans jamais interroger le rapport social qui la fait émerger. Il n’y a donc ici que de la ré-organisation contre-révolutionnaire, le but du groupe n’est pas de rendre fonctionnel un individu qui ne l’est pas dans le royaume de la marchandise mais de lui donner les clés de compréhension qui donnent à cet individu les outils pour que lui-même prenne conscience des déterminations pour les relier à la totalité du capital. Nous démystifions alors ce qui produit les angoisses, la solitude, l’épuisement, parce qu’un rapport social ne se soigne pas en le rendant supportable.

Nous ne sommes pas un groupe de lecture, lire Hegel et Marx ne fait pas un communiste, la théorie, la critique, ne sont pas des objets de commentaires ni un bagage culturel que l’on accumule, ça serait reconstituer la fonction prise par les jeunes Hégéliens en leur temps, nous ne lisons pas pour savoir mais pour abolir en nous le rapport marchand que nous reproduisons chaque jour, et nous savons que l’homme communiste n’adviendra qu’après la révolution.


Il faut nommer avec certitude la dialectique nécrologique du capital qui annonce sans hésitation sa mort sous le poids de ses contradictions visibles et invisibles, le groupe ne se reconnaît que comme séparation du “monde de la séparation”, autrement dit, il vise non sa propre perpétuation, mais l’auto-abolition de son état de prolétaire et, avec lui, la disparition de toutes les classes dans la communauté humaine universelle sans argent et sans État.

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Ce texte n’est pas clos. Il se corrige à mesure que le groupe travaille.

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